Coaching · 6 min de lecture

Se faire coacher quand on est soi-même coach : par où commencer ?

Tu sais construire un programme. C'est ton métier. Tu le fais tous les jours pour tes clients, avec méthode et rigueur, en tenant compte de leur niveau, de leurs contraintes, de leurs objectifs. Et pourtant, quand il s'agit de toi, rien de tout ça. Tu t'entraînes à l'instinct, tu rattrapes ce que tu peux entre deux séances de coaching, et ta propre progression passe systématiquement après celle des autres.

Ce paradoxe est bien plus courant qu'on ne le croit chez les coachs sportives.

Pourquoi c'est plus difficile de se coacher soi-même

Se programmer soi-même demande un recul qu'on n'a jamais sur sa propre pratique. Tu vois immédiatement les déséquilibres chez un client : un excès de volume, un manque de récupération, une mauvaise priorisation des objectifs. Mais chez toi, tu es à la fois juge et partie. Impossible d'avoir la même lucidité sur sa propre situation que sur celle de quelqu'un d'autre.

La charge mentale du métier n'aide pas non plus : après une journée à penser pour les autres, à ajuster des programmes, à gérer des imprévus de planning, il ne reste souvent plus d'énergie pour penser pour soi. Il y a aussi un frein plus profond, rarement dit à voix haute : l'ego professionnel. Une petite voix qui dit « tu es censée savoir faire ça ». Comme si demander de l'aide sur sa propre préparation remettait en question ta compétence de coach, alors que c'est précisément l'inverse.

Le vrai frein n'est pas le temps, c'est la légitimité

C'est le point le plus important à entendre : déléguer sa préparation n'est pas un aveu de faiblesse. C'est l'inverse. Une coach qui se fait coacher sait exactement ce qu'elle fait : elle applique à elle-même ce qu'elle conseille à ses athlètes, s'entourer pour progresser plus vite et plus sainement, plutôt que de tout porter seule.

Personne n'attend de toi que tu sois autosuffisante sur absolument tout. Le manque de temps invoqué le plus souvent n'est en réalité que le symptôme visible d'un frein psychologique plus profond : la peur de perdre en crédibilité si tu admets avoir, toi aussi, besoin d'un regard extérieur sur ta pratique. Cette peur mérite d'être nommée pour être dépassée : elle repose sur une confusion entre « avoir besoin d'aide » et « ne pas savoir faire son métier ».

Par où commencer concrètement

La première étape n'est pas de tout lâcher d'un coup. C'est de faire un vrai bilan : où en es-tu, qu'est-ce qui stagne, qu'est-ce que tu voudrais enfin structurer sans avoir à y penser toi-même. Ce bilan seul suffit souvent à clarifier ce que tu cherches réellement à obtenir d'un accompagnement.

Ensuite, il s'agit de choisir ce que tu délègues et ce que tu gardes. Tu n'as pas besoin de lâcher la compréhension de ta préparation, juste la charge de la construire. Un bon accompagnement te permet de garder le sens de chaque décision, sans avoir à passer tes soirées à te programmer entre deux clients.

Ce que ça change dans ta pratique et pour tes clients

Déléguer ta préparation ne t'éloigne pas de ton métier, ça te rend plus disponible pour lui. L'énergie que tu ne dépenses plus à te programmer devient de l'énergie récupérée pour tes propres clients, et une meilleure forme physique et mentale à leur offrir en retour.

Et si je n'ai pas le budget pour un coaching maintenant ?

C'est souvent le premier frein invoqué, avant même la question de la légitimité. Mais le calcul mérite d'être fait dans les deux sens : le temps passé chaque semaine à se programmer, à douter, à recommencer, a lui aussi un coût, en énergie, en motivation, en progression perdue. Un accompagnement n'est pas qu'une dépense, c'est aussi du temps et de la charge mentale récupérés, à réinvestir là où ça compte le plus pour toi.

Une partenaire de performance qui comprend ton métier.

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